Titulaire de la licence A (DEF) depuis 2011, ayant été formé à l’école nantaise de Jean-Claude Suaudeau et Reynald Denoueix (1987-90) en tant que joueur professionnel stagiaire, coach d’Albi Asptt de 2013 à 2015 et remportant le titre de Champion de France de D2F, David Welferinger, – 48 ans – a jeté son regard de professionnel et d’ancien nantais sur cette rencontre devenue symbolique du Championnat de France féminin qui a donné la victoire aux « fenottes » lyonnaises.

Sur le plan collectif, un nouveau Lyon dont la seconde mi-temps aurait pu donner sa chance au PSG si les parisiennes l’avaient mieux voulu. 

LYON a proposé un 4 3 3 classique fidèle à son fonctionnement. Cependant les intentions de jeu sont différentes des saisons précédentes.
Sur le plan de jeu, les déclarations du coach lyonnais Reynald PEDROS ont été mises en application dès l’entame de match beaucoup d’impact et de densité pour récupérer le ballon haut sur le terrain et dans les pieds des défenseures parisiennes.  Le bloc presse très haut (dans les 25 mètres adverses !) et reste très compact.
La transition offensive est basée sur la vitesse de transmission du ballon pour une recherche quasi immédiate de la profondeur sur le premier ballon ou sur la seconde passe en cas d’utilisation d’un appui. Profondeurs logiques quand on se trouve à ce niveau du terrain. Les parisiennes sentent la pression. Si la dernière ligne défensive est passée, il ne reste que le duel avec la gardienne pour s’en sortir.
Dans les couloirs l’activité des doublettes (latérale-attaquante) est incessante. Beaucoup de jeu à deux avec dédoublement ou à trois avec joueuse située à l’intérieur. le but lyonnais viendra sur la conjonction de ces deux phases tactiques lyonnaises avec une Lucie Bronze, seule à la limite de la surface, qui bénéficiera d’une récupération lyonnaise dans la « box parisienne » pour centrer impeccablement sur la tête royale d’Ada Hegerberg que la portière parisienne Endler, venue suppléer Kiedrzynek blessée, ne pourra capter. (1-0, 12′).
Sur les temps de conservation Lyon utilise parfaitement la largeur et la profondeur. Les joueuses sont toutes en mouvement ce qui facilite les échanges. Elle cherchent à aspirer l’équipe adverse pour cette fameuse recherche de joueuse lancée dans la profondeur.
Les lyonnaises pratiquent le changement de rythme dès qu’une ligne est brisée créant le déséquilibre chez les parisiennes.
Un régime que Lyon ne veut pas ou ne peut pas tenir 90 minutes. La seconde mi-temps en revanche est beaucoup moins intéressante. Lyon a cherché à gérer pour contrer les Parisiennes. Elles se sont engluées dans ce positionnement plus bas et moins pressant. Trop d’erreurs techniques et moins de mouvements ont fini par rendre leur prestation moins maîtrisée…ce dont les Parisiennes n’ont pas su profiter et concrétiser sur une ou deux grossières erreurs.

Le PSG subi et craque sans arriver à avoir une phase de domination sur l’Olympique Lyonnais. 

PARIS à proposé un 5 3 2 très défensif. Patrice Lair déclarant vouloir être ambitieux, efficace et marquer. Elles ont énormément subit lors des premières minutes, ne parvenant pas à ressortir le ballon (manque de mouvements, peu de joueuses disponibles surtout dans l’entre jeu et en appui) et logiquement elles ont encaissé un but au quart d’heure de jeu.
Le but encaissé représente bien la difficulté des Parisiennes au cours des premières minutes. Sur le centre de Bronze elles jouent un 5 contre 2 lyonnaises + la gardienne ! Pourtant, elles sont en place défensivement et face au jeu. Le problème : les défenseures sont arrêtées alors que les deux attaquantes lyonnaises sont en mouvements et actives dans leurs intentions ! Ce qui donnera un marquage laxiste sur le but.
Elles ont subi toute cette première mi-temps. Positionnement défensif bas, pas ou peu de pressing des attaquantes et des milieux. Des difficultés à relancer qui ont donné beaucoup d’erreurs techniques dans l’utilisation du ballon. Malgré cela quelques actions en solitaire qui ont mis le feu dans la défense lyonnaise et qui prouvent qu’elles peuvent « tirer leurs marrons du feu » dans une rencontre face à l’ogre lyonnais.
Le véritable problème se situe en seconde mi-temps. Trop sonnées par la première, elles se sont trop contentées d’arriver à tenir le ballon et les initiatives de Kadidiatou Diani auraient dû trouver plus de solutions devant avec des joueuses qui se projettent pour faire mal. En seconde mi-temps, elles n’ont pas su profiter de la léthargie Lyonnaise et mettre du rythme pour emballer le match.
En dernière partie de mi-temps elles ont joué un peu plus haut sans que le pressing ne permette de faire véritablement douter leurs adversaires. Pourtant c’est bien sur un bon ballon récupéré lors d’un pressing que Diani s’est offerte la grosse opportunité d’égaliser… Trop seule avec comme seule solution Marie Antoinette Katoto, elle a envoyé une mine qui, si elle avait été cadrée, aurait pu être la cousine du but de 2016 de Marie Laude Delie au Camp des Loges.

Sur le Plan individuel

A LYON Le collectif est bien huilé même si de mon point de vue elles peuvent encore améliorer beaucoup de choses.
Je ressortirai les prestations de KUMAGAï, HAMRAOUI précieuses dans l’entre jeu avec des profils très différents.
BRONZE et MAJRI pour l’activité et le volume. LE SOMMER est un danger permanent toujours en mouvement et des prises de balle de très haut niveau. HEGERBERG buteuse…toujours et l’excellente rentrée de CASCARINO.
A PARIS le collectif a beaucoup souffert sans jamais rompre finalement. KATOTO est précieuse devant, puissante et bonne technicienne elle a beaucoup gêné la défense Lyonnaise sans parvenir à marquer toutefois. DIANI a pesé mais trop tard dans le match. La meilleure parisienne et de loin à mes yeux Eve PERISSET énorme dans son couloir elle a été une vraie solution pour ses partenaires et une contre attaquante très dangereuse.
En conclusion
La supériorité Lyonnaise sur ce match ne souffre d’aucune contestation. Les Lyonnaises sont supérieures techniquement et collectivement. Toutefois, sur le plan physique les deux équipes sont bien préparées et les parisiennes n’ont plus de retard sur leurs rivales.
J’aurais envie de les voir plus entreprenantes dans le jeu pour bousculer les lyonnaises quitte à prendre des risques.
1er élément, sur le plan défensif
Le potentiel offensif Lyonnais peut inquiéter et de ce point de vue les équipes se positionnent bas pour tenter de limiter les espaces dans le dos. En clair on veut empêcher les attaquantes de prendre la profondeur et de tirer, ou encore ne pas permettre au milieu Lyonnais de maîtriser l’entre-jeu. Je crois qu’il faut penser différemment, s’interroger différemment.
Si l’on veut bloquer la maîtrise Lyonnaise pourquoi ne pas s’attaquer à la source… c’est à dire les premières relances en bloquant les 4 défenseures et les deux milieux axiaux…
2nd élément, sur le plan offensif
Il y a assurément un énorme potentiel dans cette équipe Parisienne. Pour moi la technique, le mouvement et le rythme sont les clés du jeu. Dès que les Parisiennes ont joué elles se sont créés de situations. On a vu des séquences de jeux à deux.
Mais pour développer plus de maîtrises il faut également du jeu à 3, à 4,… dans l’axe, dans les couloirs, vers l’avant…
 3ème élément, sur le plan mental
Il faut que le doute change de camp pour espérer ravir le titre…Car si le doute s’installe chez les unes, la confiance va également chez… les autres. Et la confiance on la puise dans la victoire contre les adversaires directs. Avec 5 points de retard désormais, le retard semble toutefois irrattrapable en championnat…
David Welferinger pour lesfeminines.fr
Marie-Antoinette Katoto. Crédit Giovanni Pablo. Lesfeminines.fr
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Coupe de France. Source fff.fr. lesfeminines.fr
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william commegrain

william commegrain

Spécialisé dans le football féminin de l'élite.