Une France sans vitesse et trop limitée dans les duels individuels, offensifs et défensifs pour poser un problème au jeu allemand, a totalement subi le jeu collectif allemand (4-0). Les Bleues, maitrisées par une Mannschaft sérieuse et appliquée, va descendre de trois marches en une mi-temps (3-0) au grand bonheur de Steffi Jones, la sélectionneuse allemande, qui jouait sa place.

Un des scores les plus importants subi par les Bleues depuis longtemps et il faut remonter au Championnat d’Europe en Août 2009 avec un (3-0) à la mi-temps qui s’était terminé par un (5-1) en faveur de … l’Allemagne, pour retrouver une situation analogue.

La Mannschaft joue son concerto sereinement

La Mannschaft maitrise son sujet pendant l’intégralité de cette rencontre dès lors qu’on considère qu’il ne suffit pas d’avoir occasionnellement le ballon pour être dangereux. Avec un jeu de passes dédoublées ou données dans le dos, les offensives allemandes Mandy Islacker, Alexandra Popp, et Svenja Huth se proposent, toujours avec une intention d’avance, aux passes de Dzsenifer Marozsan qui installe l’Allemagne dans le camp français.

Sans être dangereuse mais avec des certitudes qui correspondent à l’esprit allemand, la Mannschaft déroule. Quand le doute entre dans l’esprit français, notamment sur le côté droit, trop souvent transpercé par les montées de la latérale et vétérante munichoise Faisst (Bayern de Munich), revenue en sélection.

Deux coups de pied arrêtés et la force d’Alexandra Popp

Le match basculera sur deux coups de pied arrêtés. Le premier, un coup franc idéalement frappée par la lyonnaise Dzsenifer Marozsan sur la tête d’Alexandra Popp, dominatrice de Laura Georges (185 sélection) et trouve les filets de Méline Gérard, sans réelle opposition (21′, 1-0).

La pression allemande monte comme une bonne bière devant un petit six mille spectateurs à un moment où l’Allemagne s’interroge sur son football féminin.

Cela démarre avec Svenja Huth, partie dans un dribble « double-contact » devant Amel Majri pour glisser un centre, chippé de justesse par Griedge MBock devant Mandy Islacker (26′). La trentième minute sera le début de la pression allemande. Un premier tir de Marozsan sans opposition qui sort (34′). Une  intervention de dernière minute de Wendie Renard concédant un premier corner (38′). Puis un second dans la foulée, ce qui n’annonce jamais rien de bon. Et Vera Faisst (39′) dépose le cuir, pour la seconde fois, sur la tête de la louve Alexandra Popp, au-dessus de Wendie Renard, qui sert Sveja Huth marquée au millimètre par Grace Geyoro. Pourtant, la balle entre dans les filets français (2-0, 39′).

Même Eugénie le Sommer ne peut rien contre l’envie des blanches de remporter ce match avec une balle récupérée dans la surface française par la joueuse du Bayern, Mandy Islacker, que Méline Gérard sortira du bout de sa main opposée (43′).

Avec un tel arrêt, on se dit que l’hémorragie est circonscrite. Une minute plus tard, le calice sera bu jusqu’à la lie avec le tir de Kemme (Postdam) que Laura Georges détourne et dépose dans les pieds d’Alexandra Popp pour un troisième but allemand (44′, 3-0).

Un zéro est du domaine du possible face à l’Allemagne. Deux zéros de l’univers du rare depuis quelques années. Trois zéros. Une mauvaise surprise.

L’espoir déçu de la seconde mi-temps 

La seconde mi-temps sera le véritable problème français. 

D’abord en constatant l’incapacité française à poser le moindre problème sérieux aux allemandes malgré les changements attendus. Léa le Garrec laissant sa place à Aminata Diallo, Ali Nadjim remplacée par Kadidiatou Diani et Marion Torrent qui entre sur le côté droit pour que Griedge MBock reprenne l’axe à la place de Laura Georges.

La France subit autant le jeu dans ce second acte.Les allemandes ne lâchent pas leur match -sans jouer une partition exceptionnelle- mais les françaises sont dans l’incapacité de tenir le ballon dans la profondeur. Elles se font à chaque fois reprendre. L’Allemagne repartant dans le sens de l’attaque, avec des passes d’une quinzaine de mètres chacune, dans la profondeur, qui trouvera toujours une joueuse de la Mannschaft pour l’amener aux trente mètres français.

A la 53′, quand l’espoir de remonter est encore dans toutes les têtes. Le second but de Sveja Huth -en position d’hors jeu- qui glisse un tir sous la transversale de Méline Gérard (53′, 4-0) met un « coup de bambou » sur la tête des Bleues.

La France joue, mais sans pouvoir s’imposer. On assiste plutôt à une ligne arrière française qui recule, ne trouvant pas les milieux de terrain récupérateurs qui la soulagerait. Eux-mêmes se posant la question de la défense des attaquantes. Ces dernières se demandant où sont les ballons qu’elles pourraient transformer ?

Seule Diani fera briller sa vitesse (70′) qu’Eugènie Le Sommer reprendra d’une tête que Schult bloquera sur sa ligne. Cela sera le seul moment français du match. Même le pénalty accordé ne renversera pas la vapeur. Eugènie Le Sommer (84′) le mettra hors cadre !

On avait déjà vu une équipe de France féminine en difficulté mais le score se terminait par un nul français ou une victoire. Là, le score fait très mal car il est proche d’un maximum historique qui renvoie les Bleues à la période 2006-2009. Loin en arrière.

Les commentateurs TV : à s’améliorer.

Les Bleues ont pris trois buts en première mi-temps. Le premier problème, c’est qu’elle n’ont pas eu les moyens de revenir. Le second souci, tout aussi important. Voire plus grave quand on connaît l’importance de la télévision dans l’image naissante du football féminin. Ce sont les commentaires de CStar.

Il parait qu’Alexandre Delpérier en faisait trop. Là, la découverte de cette nouvelle voix masculine dans une telle situation demande une plus grande maitrise des émotions. En fonction des messages reçus (sms ou réseaux sociaux) qu’on pouvait imaginer, les commentaires de cette seconde mi-temps passaient de « l’euphorie dépressive voire assassine » à « la tolérance excessive » sans que le jeu ne justifie ces montagnes russes de l’émotion, de par trop en décalage avec ce que les téléspectateurs voyaient.

Là aussi, il va falloir de l’amélioration. D’autant plus, si la construction de l’Equipe de France perdure.

La plus belle raclée depuis 2009

Le match se terminera sur cette prestation allemande et la défaite française qui la ramène, dans l’histoire, à celle des Championnats d’Europe d’Août 2009 face à la Mannschaft (5-1).

Au bilan, une France sans vitesse et trop limitée dans les duels individuels offensifs et défensifs a été incapable de poser un problème au jeu allemand qui a déroulé.

Il va falloir que ce groupe, quel qu’il soit et quelle que soit sa prestation d’aujourd’hui, montre du caractère pour renverser la situation contre la Suède qu’elle jouera à Bordeaux lundi soir.

C’est impératif si elles veulent justifier de cette porte largement ouverte dans la sélection et oublier cette plus belle raclée depuis 2009, avec des lyonnaises, parisiennes et montpelliéraines qui en ont rarement pris quatre dans leur carrière. Encore moins sans en mettre au moins un.

William Commegrain lesfeminines.fr

  • Steffi Jones : « Nous nous sommes complètement concentrées sur le match. Aucun autre sujet n’a joué un rôle pendant cette semaine. »
  • Alexandra Popp : « Nous avons voulu montrer une réaction (après la défaite face à l’Islande), c’est ce que nous avons fait ».
  • Corinne Diacre : « Un match entre la France et l’Allemagne n’est jamais un match amical. Nous étions en-dessous de notre niveau ».
Nadjma Ali Nadjim. Sélectionnée en A. Crédit fff.fr Lesfeminines.fr
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Sofia Jakobsson, internationale suédoise. Source : fédération suédoise. Lesfeminines.fr
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william commegrain

william commegrain

Spécialisé dans le football féminin de l'élite.