Elisabeth Loisel, la première femme sélectionneure (1997 /2007)

L’équipe de France féminine est enfin reconnue comme faisant partie de la famille football.

En venant de fêter tout juste ses 34 ans, Elisabeth Loisel devient le toute premier coach féminin de l’histoire de la sélection nationale. Cela apparait comme une évidence tant « Babette » est impliquée comme joueuse avec la VGA Saint Maur, le club phare du football hexagonal des années 80 (cinq titres comme joueuses) et un dernier comme entraineure-joueuse en 1988.

Son influence est déjà grande sur  ses coéquipières en tant que joueuse de l’équipe de France (41 sélections) sous la houlette de Francis Pierre Coché et en tant que capitaine. Femme au caractère bien trempé, elle prend en charge la sélection après avoir fait ses preuves auprès des espoirs.

Les premiers résultats sont satisfaisants et Aimé Jacquet, auréolé de son titre de champion du monde en 1998 facilite en tant que DTN l’émergence du foot féminin en accordant les mêmes prérogatives que pour les garçons avec utilisation des installations et organisation de stages à Clairefontaine.

Sont-Etienne -après les hommes et les Verts- lance la médiatisation du football féminin.

Là encore, quand le football masculin va mal après 2002, le football féminin apporte son écot et se qualifie pour le Mondial 2003
— William Commegrain
Nous sommes en 2003. Là encore, la France masculine est au fond du trou avec une Coupe du Monde 2002 désastreuse (dernière de son groupe sans avoir marqué de buts) alors qu’elle venait à la compétition auréolée du titre de Championne du monde (98) et d’Europe (2000) alors que les brésiliens, eux-mêmes, lui octroyait en plus celui honorifique de championne du monde des matches amicaux.

Saint-Etienne fera chanter le football féminin. En match de barrage pour accéder à l’élite mondiale, la France est opposé à l’Angleterre. Après une victoire probante à Londres (1-0), les bleues confirme à St Etienne sur le même score (1-0).Un match qui restera gravé dans l’histoire pour une double raison : la présence de 23.000 spectateurs à Geoffroy Guichard. Un chiffre jamais atteint auparavant. Et la diffusion sur Canal+, preuve de l’intérêt pour l’événement.

Une première Coupe du Monde pour la France

La France commence à se qualifier pour les compétitions internationales, Mondial 2003 et Euro 2005. Elle butera pour le Mondial 2007.
Pour la première fois une équipe de France féminine participe à la Coupe du Monde prévue en Chine. Toutefois à cause d’un problème de syndrome respiratoire du à la pollution dans l’empire du Milieu, la FIFA déplace le Mondial aux Etats Unis.

Le tirage au sort n’est pas clément pour cette grande première. Avec le Brésil, troisième lors de la précédente édition (1999), la Norvège quatrième et Championne du Monde 1995 et la Corée du Sud, les coéquipières de Stéphanie Mugneret-Béghé sont dans l’obligation de se surpasser.

Logiquement battues lors du premier match face à la Norvège (2-0), les bleues rééquilibrent leurs chances en battant la Corée du Sud à Washington grâce à une volée de Marinette Pichon à quatre minutes de la fin du match.

Tout se joue sur le dernier match face au Brésil avec deux victoires au compteur. Une victoire et c’est le quart de finale assurée. La France obtient un honorable match nul dans les arrêts de jeu (1-1).C’est insuffisant car la Norvège a pulvérisé la Corée du Sud (7-1). L’équipe d’Elisabeth Loisel termine troisième avec quatre point derrière le Brésil (7) et la Norvège (6).Rageant, mais somme toute logique par rapport à la renommée des deux équipes qualifiées. Une prestation encourageante.

Rebelote avec la seconde qualification pour le Championnat d’Europe 2005

Dans la foulée de ce Mondial a demi réussi, les bleues se qualifient aisément pour le Championnat d’Europe 2005 en Angleterre. Une fois encore le tirage n’est pas clément avec l’Allemagne, quintuple vainqueur de l’épreuve, et futur champion, la Norvège, une vieille connaissance, et l’Italie. Comme aux Etats Unis deux ans auparavant, la sélection tricolore équilibre son bilan. Victoire face à l’Italie (3-1), nul contre la Norvège (1-1) et défaite contre l’ogre allemand (3-0). L’équipe de France est éliminée et quitte prématurément le royaume de sa très gracieuse majesté, non sans espoir.

Blocage en 2007

Un an après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du Monde (2006) alors que la France avait le pied sur le ballon et avec la tête quasiment sacrée de Zidane que Buffon détourne en corner au moment des prolongations, le football masculin prépare sa descente quand le football féminin se prépare à son mondial.

Les filles d’Elisabeth Loisel, insuffisantes dans la poule qualificative, échouent pour la participation à la Coupe du Monde (2007) en Chine. C’est l’Angleterre qui rejoindra en définitive le pays de Hu Jintao.

Curiosité du destin, « Babette » ira tout de même en Chine pour prendre en main la sélection des « roses d’acier » entre avril 2007 et mai 2008. Elle précédera dans cette expérience asiatique, Bruno Bini qui va lui succéder au poste et qui lui aussi croisera la route de la sélection de la Chine Populaire.

Avant de tirer sa révérence, Elisabeth Loisel peut s’enorgueillir d’un bilan favorable : sur 113 matches disputés : 60V 23N 30D. C’est depuis l’origine à ce jour, la sélectionneure qui a disputé le plus de rencontres à la tête de l’Equipe de France.

L'équipe de France 2010-2013. Après l'équipe de France d'Elisabeth Loisel qui se qualifie pour les compétitions internationales, la France de Bini touche le ciel des médailles. Crédit lesfeminines.fr

L’équipe de France 2010-2013. Après l’équipe de France d’Elisabeth Loisel qui se qualifie pour les compétitions internationales, la France de Bini touche le ciel des médailles. Crédit lesfeminines.fr

Bruno Bini, les années bonheur (2007-2013)

Comme Elisabeth Loisel, Bruno Bini suit un cursus assez identique au sein de la DTN, entraineur national, en charge des catégories jeunes pendant une dizaine d’années, il réussit un joli coup dans la catégorie U19 avec laquelle, il devient champion d’Europe (2003).Déjà en 1998, il avait été finaliste d’un Euro avec les U18. C’est Jean Pierre Escalette, président de la FFF qui l’intronise au poste chez les A le 16 février 2007.

Son style détonne. Atypique dans le milieu, Bruno Bini privilégie l’humain et le management de l’échange et du partage. Poète dans l’âme, son discours est parfois parasité par le réalisme froid d’entraineurs de clubs influents auprès de certaines joueuses. « Son projet de vie », petit bréviaire, imaginé et écrit par ses soins, sert à véhiculer l’image positive et de la vie heureuse en groupe tourné vers l’objectif de la victoire.

Un chemin collectif à imaginer chaque matin sur fond de pensées et chansons livrés par « le petit vendeur de rêve »comme il se définit lui-même afin de souder le collectif en mode additionnel sur le terrain. « In et out », les deux peuvent se marier à ses yeux. Ses détracteurs lui reprochent alors que le travail sur le jeu n’est plus le cœur du sujet. Il n’en a cure.

Et les faits lui donnent raison puisque les résultats les plus probants et les plus aboutis de l’équipe de France féminine se situent dans cette période de 2008 à 2012.

Malgré les progrès constants de l’équipe de France, cette dernière n’est toujours pas parvenue à sortir des poules que ce soit au championnat d’Europe ou à la coupe du Monde. La mission de l’homme de Laragne (Hautes Alpes) est de réussir ce premier challenge.

2009. Sortir des poules dans les compétitions : son premier objectif. Réussi.

Très vite plongé dans son nouveau poste avec en toile de fond la qualification au championnat d’Europe de 2009 en Finlande.Son premier match face à la Grèce (6-0) se situe deux mois après sa prise de fonction. Une défaite en Islande (1-0) compromet la qualification directe. Le dernier match face aux joueuses venues de l’ile volcanique de l’Atlantique Nord, est capital. La victoire (2-1) acquise à La Roche sur Yon signifie le vol pour Helsinki. L’objectif fixé est le quart de finale, performance encore jamais atteinte auparavant.

2009 et un quart de finale à l’Euro. Un premier plafond de verre saute
Lors du tirage, la délégation française fait grise mine. Dans la poule de la France se trouve rassemblés les deux finalistes de l’édition précédente en Angleterre(2005) : l’Allemagne, tenante du titre et la Norvège, vice-championne d’Europe auxquelles s’est ajoutée l’Islande, vieille connaissance, et qualifiée à la suite d’un match de barrage. Du lourd de chez lourd !..

Les bleues s’imposent face à l’Islande (3-1), subissent les foudres allemandes (1-5) et partage le score avec la Norvège (1-1).Par le jeu des résultats, les tricolores terminent seconde du groupe et retrouvent les Pays Bas en quart de finale. Objectif atteint. Un premier plafond de verre est franchi.

La Hollande, équipe défensive et sur la défensive, refuse le jeu et atteint la fin du temps réglementaire sur un score de parité (0-0).Bis repetita à la fin des prolongations. Aux tirs au but, les joueuses « orange » se qualifient (5t à 4).Un exercice qui sera souvent fatal à l’équipe de France !

Le Mondial 2011. L’apothéose.

Au lendemain de 2010 où la France confond le mot « solidarité » avec celui de « grève » et crée le concept de « la grève des millionnaires », le football féminin prend son envol.
2010 et la France a la tête dans le sac. Eliminée au premier tour. Vilipendée par la presse. Les français, à court de pétrole mais jamais à court d’idées crée le concept unique de la « Grève de millionnaires » dans un pays, l’Afrique du Sud, où le mot inégalité humaine ne se traduit pas tellement il a été « blackouté » avec l’apartheid qui ne s’est terminé qu’en 1992.

Les féminines pointeront le bout de leur nez, après avoir pointé celui de leurs poitrines pour qu’enfin, on les identifie. L’Olympique Lyonnais de Farid Benstiti, de son côté, deux ans après s’être frotté à l’Europe des clubs (la Women’s Champions League) fait une finale européenne perdue aux tirs au but contre le club allemand du Turbine Potsdam.

Une qualification au courage face à l’Italie.

Le Mondial 2011 en Allemagne chez le champion d’Europe en titre, se profile pour une seconde participation dans l’épreuve reine.

Dans un groupe qualificatif de six équipes, les filles de Bruno Bini font le parcours en tête et réussissent le grand chelem avec dix victoires agrémentée du total ahurissant de 50 buts inscrits, dont un 12-0 face à l’Estonie, et aucun encaissé. Ce qui dénote de la grande disparité dans le football féminin et du déséquilibre entre nations participantes. Vainqueur du groupe 1, les bleues doivent s’acquitter d’un match de barrage face à l’Italie, vainqueur du groupe 7.

Tenue en échec à Besançon, un 11 septembre (triste date !) de 2010 (0-0), la « squadra francese » s’impose quatre jours plus tard à Gubbio (3-2) et s’offre une présence bien venue au milieu du gratin du football mondial.

La concomitance entre l’élection de Noel Le Graët à la tête de la FFF (18 juin 2011) et la Coupe du Monde en Allemagne dans la foulée va booster la nomination de l’ancien président de la Ligue de Football, et l’exposition de la sélection féminine tricolore. L’image détestable de la catastrophe de Krysna en Afrique du Sud (20 juin 2010) est à effacer des mémoires. La fraicheur et l’enthousiasme des jeunes filles de Bruno Bini, découvertes sur le petit écran, offre à l’ancien vice-président au sein du conseil fédéral en charge des dossiers économiques et notamment télévisuels l’occasion de créer une image écran.

L’équipe de France fait rêver la France

Noel Le Graët pèsera de tout son poids pour offrir à l’équipe de France un statut jamais aussi haut placé et important au sein de l’instance.

Bien lancée par un tournoi de Chypre abouti en prélude à la CM allemande, une troisième place acquise par un score sans appel face à l’Ecosse (3-0), l’équipe de France part confiante compte tenu des progrès accomplis en l’espace de quatre ans. L’OL vient de remporter son premier titre européen et les clubs du FCf Juvisy-Essonne, Montpellier et le Paris Saint Germain ont assez de qualités pour proposer des jeunes de talents et plein d’envies de le montrer.

Direction la Rhein-Neckar Arena à Sinsheim dans le Bad Wurtemberg. Premier adversaire le 26 juin : le Nigeria. Courte victoire(1-0) grâce à Marie Laure Délie(56e),mais une maitrise collective affichée bien supérieure à l’équipe africaine.

La France en quart.

Mondial 2011. La France s’arrête en demi-finale, un second plafond de verre saute ! Le football féminin apporte de l’émotion. Il plaît.
Quatre jours plus tard, les bleues se transportent à Bochum au Rewirpowerstadion dans la Ruhr pour affronter un autre style d’adversaire, le Canada, équipe solide, puissante et une des meilleurs formations de la CONCACAF. Une équipe brillante et inspirée ballait les doutes et le Canada (4-0) avec un doublé de Gaétane Thiney au sommet de son art. Avant d’affronter l’Allemagne pour le dernier match du groupe, l’équipe de Bruno Bini est déjà qualifié pour l’un des quarts de finale. Nouveau plafond de verre franchi.

Le 5 juillet au Borussia Park de Mönchengladbach devant un public record de plus de 45.000 personnes, les coéquipières de Sandrine Soubeyrand affrontent l’équipe favorite chez elle, la « nationalfrauenschaft ».Menée2-0 à la mi-temps, Marie Laure Délie ramène le score à 2-1 mais un carton rouge de la gardienne tricolore doublé d’un penalty donne de l’aisance aux championnes d’Europe. Courageuses, les françaises reviennent à 3-2 mais la RFA l’emporte 4-2 en fin de match.

La France en demi face à l’Angleterre. Le rêve devient une réalité méritée. 

Etonnamment, chez elle, la grandissime favorite du tournoi butera en quart de finale face au Japon, un cap franchi par les bleues dans l’euphorie d’un succès contre l’ennemi héréditaire, l’Angleterre, à la suite d’une séance insoutenable de tirs au but (4-3).

Ce 9 juillet, à la Bay Arena de Leverkusen, à peine le temps de se remettre de ses émotions à la suite d’une action chaude dans la première minute de jeu devant les buts de Céline Deville, gardienne à la place de Bérangère Sapowicz suspendue, les bleues malgré une domination quasi permanente pendant une heure de jeu, se font contrer à la suite d’une mésentente dans la défense française.

Stériles dans les tentatives au but, la délivrance arrive des pieds d’Elise Bussaglia d’une belle frappe de vingt-cinq mètres (88è).La prolongation ne change rien. L’épreuve tant redoutée arrive. Camille Abily rate sa tentative et alors que se profile une autre série, Ellen White expédie sa frappe sur la transversale. Les joueuses de Bruno Bini se qualifient pour la première demi-finale de leur histoire en Coupe du Monde. Parallèlement Direct 8, qui a acquis les droits, bat un record d’audience pour un match de football féminin.

Le 13 juillet, l’adversaire est de taille puisqu’il s’agit des Etats Unis, double vainqueur des éditions 1991/1999, et toujours sur le podium depuis cette première édition en 1991.Le stade est identique, le Borussia Park. Heureux présage même si l’obstacle semble bien haut, le moral tricolore est également au top. Le but encaissé dans les dix premières minutes ne découragent pas les « bini’s girls », puisque Sonia Bompastor, également dans les dix premières mais de la seconde mi-temps, égalise sur une faute de jugement de Hope Solo, la gardienne, une star de la discipline dans son pays. Toutefois, ce sont deux autres stars de l’équipe à la bannière étoilée Abby Wambach et Alex Morgan qui assomment l’équipe de France en trois minutes (79è et 82è). Score final 3-1.

Logique sans toutefois rougir de cette défaite avec un nouveau record d’audience pour Direct 8 avec une charge de sympathie grandissante au fil du tournoi pour la sélection.

Les bleues retrouvent le Rhein Neckar Stadion de Sinsheim, lieu de leur première rencontre dans cette Coupe du Monde pour affronter la Suède. C’est le 16 juillet et cette finale pour la troisième place est équilibrée mais un double événement compromet les chances françaises de finir sur le podium. La blessure de la gardienne Bérangère Sapowicz, décidemment pas vernie après le carton rouge reçu face à l’Allemagne, qui se tord la cheville sur l’action du but de Lotta Schelin, la « lyonnaise »(30è) et la sortie prématurée de Louisa Necib, la meneuse de jeu de l’équipe de France. Une autre lyonnaise mais dans le camp français, Elodie Thomis égalise en seconde mi-temps (56è), mais au bout du rouleau, les bleues cèdent dans les dix dernières minutes. Bien que réduites à dix par un rouge, les suédoises prennent l’avantage par Hammarstôm (82è).Le rêve de podium s’éteint pour l’équipe de Bruno Bini.

2012. Les premiers JO de la France ! A la place de la grande Allemagne, éliminée.

Grande déception certes mais satisfaction à la fois pour les tricolores qui se qualifient directement et pour la première fois, pour les Jeux Olympiques de Londres (2012) grâce à cette quatrième place. L’exploit est énorme et inattendu quand on sait que l’Allemagne prenait la première place et que la France n’avait jamais dépassé les poules.

Les JO pour la première fois. Un troisième plafond de verre explose. La France qui regarde se met à croire que les arbres montent au ciel !
Jamais en sport collectif féminin, une équipe de football n’avait participé au grand rassemblement de l’olympisme. C’est encore une première pour le football féminin qui a le vent en poupe auprès des médias et les yeux de Chimène de Noel Le Graët son président.

En attendant ce grand rendez-vous londonien, l’équipe de France participe aux matches qualificatifs à l’Euro de 2013 en Suède. Un sans-faute, couronné par  8 victoires. Le tournoi de Chypre remportée juste avant les Jeux ajoute à l’euphorie ambiante.

La France est sans voix aux JO !

Juste avant le départ pour l’Angleterre, la France reçoit le Japon, champion du monde, à Charlety et l’emporte (2-0) sans l’ombre d’une discussion. Le jeu est positif, engagé vers l’avant et les françaises emportent tout sur leur passage. Les japonaises, en zone mixte, ne diront rien mais n’en penseront pas moins. Seule la rigueur pourra lutter contre le jeu français et son « french spirit ».

Les américaines s’en rendront compte lors du premier match des JO. Quelques mois plus tard, le 25 juillet, l’équipe américaine, vice-championne du monde, victorieuse des bleus en Allemagne l’année précédente, se dresse à nouveau face aux bleues pour le premier match de poule. Les tricolores rentrent parfaitement dans la partie en inscrivant deux buts coup sur coup : un but magnifique de Gaëtane Thiney dès la douzième (certainement son plus beau) et un second de Marie Laure Délie (14è) dans la foulée. Fabien Levêque, commentateur du France TV n’en a plus de voix. Sandrine Roux, ex-capitaine de l’équipe de France, a les larmes aux yeux. L’exploit est là. La France vient de marcher sur la lune.

« La France mène en 15′ face aux USA, championnes olympiques depuis la création de l’épreuve (quatre titres) et vice-championne du monde ». Cette phrase a tout de l’extraordinaire.  Assommée par cette entrée en matière, l’équipe classée numéro 1 (number one) selon le classement FIFA de l’époque, refait surface et inscrits quatre buts.

Le 29 juillet à l’Hampden Park, l’équipe de Bini face à la Corée du Nord, doit vaincre pour rester dans la course. Net et sans bavure les bleues s’imposent avec une large victoire (5-0), où les défenseures Laura Georges et Wendy Renard, un but chacune, vont participer à ce festival offensif, tout comme les attaquantes Marie Laure Délie, Elodie Thomis et Camille Catala. Il reste à bien finir contre la Colombie. Le score sera beaucoup plus étriqué (1-0) sur un but d’Elodie Thomis, néanmoins suffisant pour rejoindre les quarts de finale et la Suède, l’équipe de Lotta Schelin qui avait subtilisé le bronze mondial aux françaises en 2011.

Le 3 aout dans ce Hampden Park où elle a pris ses habitudes, l’équipe de France, bien que menée au score, réussit une belle première mi-temps ponctuée par deux réussites de Laura Georges (29è) et  Wendie Renard (39è). Sarah Bouhaddi  gardienne s’illustre en préservant le maigre avantage. Score final (2-1).

65.000 spectateurs à Wembley pour un ticket en finale

Pour le dernier carré olympique, les coéquipières de Sandrine Soubeyrand sont confrontées au champion du monde en titre, le Japon. Les bleues abandonnent Glasgow et Newcastle pour découvrir  le stade mythique de Wembley et l’ambiance du village olympique. Ce 6 aout, l’équipe de Bruno Bini joue devant 65.500 spectateurs pour une place en finale synonyme de médaille olympique.

Prudente, puis dominante face à des nippones sur la défensive, les bleues encaissent un premier but sur un coup franc lointain(32è) puis un second dès la reprise sur un nouveau coup franc et un cafouillage devant le but de Sarah Bouhhadi (49è). Pragmatique, les japonaises se méfient du jeu français.

Menée contre le cours du jeu, et un nombre incalculable d’occasions, la France n’abdique pas et trouve l’ouverture et la récompense par Eugénie Le Sommer, entrée en cours de jeu (76è). Cette dernière remuante et perturbante pour la défense japonaise obtient un penalty quelques minutes plus tard. La balle de 2-2 est au bout de la chaussure mais le tir passe au ras du poteau. La chance française elle aussi passe pour le gain de prolongations. L’équipe de France jouera pour une place sur le podium face au Canada.

Les japonaises, troisième mondial, joueront une seconde fois leur finale face aux américaines.

Le Canada pour un bronze qui s’échappe dans les arrêts de jeu.

Il faut se remobiliser après la déception. Adieu Wembley, et bonjour Coventry pour la médaille de bronze. L’équipe de France selon son habitude et son style de jeu bien huilée domine une équipe canadienne encore plus prudente et défensive que le Japon. Au fil du match, les occasions se multiplient sans récompense. Pire, en l’espace de deux minutes, une frappe de G.Thiney(61è) touche le poteau et un tir de E.Thomis(62è) heurte la transversale. Et le plus incroyable se produit dans les arrêts de jeu (92è) où Diana Matheson crucifie les bleues sur l’unique occasion de but canadienne. D’une cruauté rare pour une formation qui a tiré 25 fois au but adverse.

Coincé pour la seconde fois à la quatrième place. Subissant le vent lyonnais qui gagne les deux titres européens avec un football qui a besoin de gloire après 2010. Un nouveau plafond de verre s’installe, comme une protection.
La France termine quatrième comme au championnat du Monde l’année précédente. Un plafond qui n’a pas été crevé depuis. Deux faits uniques mais les français deviennent trop exigeants. Le vent lyonnais souffle sur Paris en revendiquant deux titres européen (2011 et 2012). La table est dressée et certains veulent passer immédiatement au dessert.

La France doit dès lors digérer cette déconvenue au gout très amer eu égard à la production d’ensemble. Le championnat d’Europe de 2013 arrive déjà très vite.

2013 et la France doit être championne d’Europe.

Le mondial 2014 se profile chez les hommes et Didier Deschamps a repris la barre après Laurent Blanc qui a réussi à qualifier les Bleus pour l’Euro 2012 (éliminés en quart de finale) sans avoir remis l’image des Bleus au vert pour le grand public. Le football attend une embellie et il serait sympathique qu’elle puisse venir des Bleues françaises compte tenu que les qualifications des Bleus au Mondial se fait dans la difficulté, avec l’histoire le dira, un face-à-face contre l’Ukraine révolutionnaire qui se terminera sur le fil en faveur des Bleus.

Invaincue en phase qualificative (8 victoires), l’équipe de France rodée par les campagnes allemandes et anglaises, arrive en Suède avec certaines certitudes même si quelques dissensions ont vu le jour après l’échec londonien et alors que l’OL concrétise sa domination nationale et voir un triplé européen lui échapper sur un pénalty (1-0) de Wolfsburg et que le PSG a lancé un projet de construction international avec des joueuses internationales professionnelles, tant françaises qu’étrangères, pour concurrencer le voisin rhodanien.

La phase de groupe est rondement menée avec un nouveau sans faute (une première au niveau européen), victoires face la Russie(3-1), contre l’Espagne(1-0),et plus significatif devant l’Angleterre(3-0)avec des buts de Le Sommer(9è), Necib(62è) pour fêter sa centième sélection et Renard (64è) de la tête comme face à l’Espagne. L’équipe de France impressionne les observateurs et se voient coller l’étiquette de favorite du tournoi.

2013, le football féminin s’arrête en quart. Il n’ira jamais plus haut.
La déception sera d’autant plus importante lors du quart de finale face au Danemark à Linköping. Bien que largement favorite, l’équipe de Bruno Bini dans sa composition traditionnelle, est prise en contre dès la première tentative danoise sur un tir croisé de Johanna Rasmussen (32è).Ce sera la seule occasion des nordiques jusqu’à l’heure de jeu d’autant que Stina Pedersen, la gardienne accomplit des parades extraordinaires.

Louisa Necib rétablit la balance à l’amorce des dernières vingt minutes. (1-1) à la fin du temps réglementaire. Un score identique à la fin de la prolongation en dépit d’un coup franc de Camille Abily sur la transversale. Tirs au but=loterie. Favorable face à l’Angleterre en coupe du Monde, l’exercice suédois se révèle défavorable à la suite de deux échecs français dans les tentatives (2-4), la France retombe de haut et quitte l’épreuve sans avoir perdu un match.

Sandrine Soubeyrand, capitaine de 39 ans annonce son retrait de l’équipe nationale après 198 sélections (record à battre) et Bruno Bini est remercié sans ménagement huit jours plus tard par Noël Le Graët, à l’écoute de quelques joueuses lyonnaises qui ne se sentaient plus en phase avec le management du sélectionneur face à un bilan jamais atteint auparavant. A l’évidence, aussi un manque de patience dans un moment où le football dans son ensemble a besoin de médailles.

S’ouvre une nouvelle ère au début du mois d’aout 2013 avec la nomination de Philippe Bergeroo.

Jean-Louis Morin lesfeminines.fr avec la participation de CW.

Equipe de France 1971 de football féminin. La sélection était composée de Marie-Louise Butzig (Gard.), Régine Pourveux, Marie-Bernadette Thomas, Nicole Mangas, Colette Guyard, Betty Goret, Marie-Christine Tschopp, Jocelyne Ratignier, Michèle Monier, Jocelyne Henry, Claudine Dié, Maryse Lesieur, Nadine Juillard, Marie-Claire Harant et Ghislaine Royer. Crédit lesfeminines.fr
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Grenoble en position pour aller chercher la D1F. Crédit Raphael Gomez. Lesfeminines.fr
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Jean-Louis Morin

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