Ce quart de finale  qui se dispute au Stade de Bondoufle a des airs de déjà vu, car il y a maintenant deux semaines les deux clubs se livraient bataille pour le compte de la 15ème journée de D1. Une rencontre intense et serrée où les parisiennes s’étaient imposées par un but d’écart (1-2). Et dans les discours d’après match, du côté de Juvisy, on parlait de revanche pour ce tour de Coupe de France. En face, Paris devra faire sans Amandine Henry qui est restée avec son club de Portland, et Marie Antoinette Katoto, blessée, qui avait brillamment réussi son entrée en jeu face au club de l’Essonne, en inscrivant le deuxième but.

Paris cueille a froid Juvisy

Le match débute par une opportunité de but pour les parisiennes sur un super double contact de Cristiane, qui d’entrée montre sa technique. Elle sert Lawrence côté droit qui centre à ras de terre. Il faudra une jolie anticipation de Tounkara pour éviter l’ouverture du score (3′).

Trois minutes plus tard, Delie se présente face à Deville sur un service de Geyoro, mais c’est la gardienne qui remporte le duel. Le corner qui suit sera fatal à Juvisy. Cristiane trouve Delie de la tête, Deville peut être légèrement poussée n’arrive pas à capter  le ballon (0-1; 8′). Le but sera attribuée à la portière de Juvisy.

Ayant sans aucun doute appris du dernier match face aux essonniennes, les filles de Patrice Lair se montrent très incisives avec un jeu destiné à casser les lignes rapidement. Mais comme il y’a deux semaines, le club de l’Essonne montre qu’il a du répondant en se procurant plusieurs situations dangereuses dans la surface parisienne  (14′; 24´). Les filles Emmanuel Beauchet ont haussé leur  niveau de jeu et sur le terrain cela se ressent car Paris remporte moins ses duels au milieu de terrain.

Après  un premier quart d’heure parisien, le second est juvisien.

Une domination qui aurait pu se concrétiser au score sur un centre de Diani venu de la droite. Mais la tête de Catala  s’échoue sur le montant gauche de Kiedrzynek (28′). L’intensité est au rendez-vous pour les deux équipes et la fin de première période qui sera hachée par quelques tacles jugés un peu trop rugueux par l’arbitre de la rencontre.

L’idée est bien de gagner et donc de ne pas perdre. Tout est dans les duels. Il n’y a pas une situation de jeu sans opposition. Le match sera un combat. Il ne faut rien y chercher d’autres. Juvisy n’a pas l’intention d’accepter ce coup du sort et le Paris Saint Germain ne veut pas encaisser de buts de son côté.

La mi-temps arrive sur ce constat. La défense de Juvisy tient face à l’attaque parisienne. Le Paris Saint Germain a endigué les attaques de Juvisy même si un poteau a été touché. Les parisiennes mènent. Mais sans aucun confort. Sur un fil.

Une seconde mi-temps de Coupe

Si Juvisy se met à produire du jeu, elles peuvent remonter. Si le Paris Saint Germain arrive enfin à passer en attaque, elles peuvent se détacher. A charge pour les deux défenses de ne pas prendre de buts.

Lorsque la seconde mi-temps démarre, les vingt deux actrices son depuis trois minutes sur le terrain. Prêtes à en découdre. Elles ont chacune un plan bien précis en tête : Le mors aux dents.

Au retour des vestiaires, les essonniennes ont la possession. Elles veulent revenir au score et leur bloc défensif est à la hauteur de la ligne médiane ce qui facilite le pressing. Paris de son côté accepte de jouer le contre pour éventuellement creuser l’écart au tableau d’affichage. A la 53eme minute, Thiney s’essaye aux 25 mètres mais son tir passera au dessus de la cage parisienne.

Toujours pas d’occasions des deux côtés. Les deux couleurs sont proches. Puis, dans la nuit qui commence à s’installer, dix minutes plus tard Cristiane qui avait jusque là posé pas mal de problème avec son pied gauche et ses dribbles, reprend un centre de la tête d’Ashley Lawrence, un peu trop haut qui finit sur la barre de Deville (63′). La brésilienne est allée chercher une tête comme une volleyeuse. Au bout du bout de son extension. Barre.

Juvisy croit en sa chance. Elles repartent de plus belle. Là, on est dans la notion pure de compétition. Individuellement et collectivement, les deux équipes s’affrontent. Un peu dans l’esprit « rugby ». C’est en tapant que l’autre craquera.

Juvisy produit un jeu très plaisant entre utilisation des latéraux, passés entre les lignes au milieu, avec en plus quelques percées de Catala et de Diani.  Cependant elles n’arrivent pas à trouver la faille.

Un but d’Estelle Cascarino qui restera dans les mémoires

Ca monte en pression. Cristiane prend un tacle dans le dos qui fait toujours mal. Elle sort. La rencontre commence à basculer avec la sortie de Kiedrzynek, après un choc avec Georges (79′). Geurts entre en jeu, avec un corner pour Juvisy.

Et dans l’instant, la rencontre change de camp. Vient alors ce qui sera sans doute le geste de la soirée, une superbe reprise de volée de Cascarino entrée en jeu, qui reprend instantanément le ballon mal dégagé. Geurts ne peut rien faire, les filles d’Emmanuel Beauchet voient leurs efforts payer (1-1  81´).

Le public s’emballe sur chaque ballon dans le camp parisien car les essonniennes sont maintenant à deux doigts de pouvoir faire basculer le match en leur faveur, à la manière d’un FC Barcelone pour les hommes. Une balle part dans la profondeur et Gaetane Thiney arrive à passer Irène Paredes, pourtant impériale. C’est l’occasion de Juvisy. L’espagnole commet une faute, un peu rageuse, et freine la capitaine juvisienne. La Balle s’échappe. L’internationale française croit ou veut l’impossible. Elle va au contact. Beaucoup trop. Choc avec Geurts.  La seconde gardienne du PSG est couchée.

Dans les têtes, cela va vite. Il reste trois minutes de jeu. On est à égalité. Si la gardienne sort, c’est quasiment match gagné pour JUvisy lors de la seance des tirs au but. Les joueuse s’énervent. Se contiennent. Les faits sont là. On est près de voir un match basculer.

La gardienne néerlandaise se relève. Elle boite. Kiné et médecin. Elle reprend. Nul se sait vraiment dans quel état. Le match reprend. Les parisiennes subissent l’impact mais les juvisiennes, plus mordantes, ne se créeront pas pour autant plus d’autres occasions.

Ce sera la première clé du match : Paris bloque la remontée de Juvisy.

les tirs aux buts.

En football féminin,il n’y a pas de prolongations et la séance des tirs au but peut commencer. C’est Juvisy qui va démarrer et tout le monde se demande comment va réagir la gardienne parisienne qui, en dix minutes, a touché un ballon pour dans l’instant de son entrée, prendre un but égalisateur venu d’ailleurs !

Gaetane Thiney prend ses responsabilités et marque pour Juvisy en tirant sur son côté droit que la gardienne néerlandaise ne choisira jamais, sauf qu’elle pourra laisser croire qu’elle le ferait. C’est à ce jeu du poker gagnant que le PSG se qualifiera. Tout d’abord Paredes égalise sur un tir à ras de terre. Puis Camille Catala s’impose quand Andonova, arrivée au mercato d’hiver, fait chuter le PSG avec un tir complétement raté ! L’espoir est du côté de Juvisy.

Julie Soyer côté droit et Sabrina delannoy réussissent leurs pénalities. La marque est toujours à l’avantage de Juvisy mais ses joueuses d’expérience ont déjà tirés. Sur ce plan, elles possédent moins d’armes que le PSG.

Léa Declercq tire cadré mais trop haut, en changeant de côté ce qui permet à Geurts de réaliser pour son équipe l’égalisation et Marie Laure Delie, internationale, la valide. Les deux équipes sont à égalité. Annaig Butel, Grace Geyoro  finiront la série de cinq.

Maintenant, à chaque série, la décision se fera. C’est le fameux moment où commence les joueuses qui n’ont pas « voulu tirer ». Il y a un peu de roulette russe. Charlotte Bilbault et Eve Perisset assurent le résultat. Egalité (5-5).

Nouvelle série. Aissatou Tounkara regarde Kadidiatou Diani. C’est l’attaquante juvisienne qui s’engage. A sa démarche, on voit qu’elle ne veut pas spécialement le tirer mais qu’il faut bien le faire. Elle s’applique, cadré. Sauf, qu’elle change de côté et choisit celui gauche qui correspond à son pied. Geurts n’a pas changé de tactique. Elle l’attendait là. Pénalty arrêté.

Et le PSG sort une carte maitresse. C’est Shirley Cruz, multiple championnes de France, d’Europe. Capitaine de la sélection costaricienne qui s’avance. Capitaine du Paris Saint Germain. La question ne se pose pas. En effet, la joueuse parisienne place son tir. Céline Deville, à chaque fois près, ne peut rien. But.

Le Paris Saint Germain est qualifié et élimine le Fcf Juvisy-Essonne en quart de finale de la Coupe de France comme quasiment toujours depuis sa professionnalisation.

Le match s’est joué sur des détails en terme de buts et le regret de Juvisy peut être là. Sur les deux derniers matches, elles ont concédé des buts sur des erreurs qui ont été rares car elles ont fait l’exploit de ne concéder que très peu d’occasions face au PSG, obligeant à constater que le PSG n’arrive pas à se créer d’occasions dans ce type d’oppositions.

A l’inverse, le PSG a réussi à valider le peu d’occasions qui se présentaient. Plus dans le premier match, quasiment aucune dans le second. Est-ce la nature du derby qui donne encore plus de forces aux engagements ? Est-ce le niveau de Juvisy qui a le physique et le mental pour s’opposer à Elles ?

Ce qui est certain, c’est que si Juvisy a été éliminée elles ne peuvent qu’en sortir renforcées à l’idée qu’elles produisent du contenu d’un niveau international dans les duels ; alors qu’à l’inverse, le Paris Saint Germain devrait se poser la question du peu d’occasions qu’elles se procurent dans ce genre de confrontations, en vue de la prochaine opposition face au Bayern de Munich pour la Coupe d’Europe.

Un match qui se jouera aussi aux détails. Certainement, le même type de match.

Aurélien Cardiel. William Commegrain lesfeminines.fr

Fiche technique : Coupe de France. Quart de finale. FCF Juvisy-Essonne reçoit le Paris Saint Germain. Stade Robert Bodin à Bondoufle.

Arbitres : BONNIN SABINE. Arbitre assistant 1 : BARTNIK SOLENNEArbitre assistant 2 : ZAOUAK NABILA. Cartons jaunes : Bilbault (71′) , Butel (44′). Georges (42′)

Buts :

  • .Deville csc 8′ (0-1)
  • 81′ Estelle Cascarino (1-1)

Fcf Juvisy-Essonne : Deville ; Soyer, Tounkara, Bilbault, Greboval (Cascarino 76′) ; Diani, Butel, Jaurena (Declerq 62′), Catala ; Thiney (cap), Matéo. Coach : Emmanuel Beauchet. Banc. Makanza, Vaysse, Benameur

Paris Saint Germain : Kiedrzynek (Geurts, 80′) ; Delannoy, Georges, Paredes, Périsset ; Cruz (cap), Formiga (Diallo), Geyoro, Lawrence, Cristiane (Andonova 73′), Delie. Coach : Patrice Lair, Sarr, Morroni.

 

 

Jean-Louis Saez. Crédit Giovanni Pablo. Lesfeminines.fr
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Spécialisé dans le football féminin de l'élite.