Pas si facile de trouver quelle a été la meilleure joueuse du Monde en 2016 quand on doit associer la capacité de faire la différence, son apport au groupe et ses résultats individuels comme collectifs.

Il est évident qu’Ada Hegerberg (21 ans, internationale norvégienne, Olympique Lyonnais) semble être la joueuse la plus propice à ce titre avec son impact sur le jeu lyonnais qui a permis d’écraser les adversaires (33 buts, meilleure buteuse du championnat de D1F) et notamment de marquer le but de la finale de la Women’s Champions League (1-0, 13′ sur passe de Pauline Bremer) dans un tel état de confiance et de certitudes, que même la défense allemande de Wolfsburg (double championne d’Europe en 2013 et 2014) n’a pas pu empêcher la norvégienne de faire le pas de plus et de mieux pour marquer, un but qui ne sera d’anthologie que parce qu’il sera au fond des filets, ce 26 mai 2016, au stade Reggio d’Emilie (Italie).

Il ne lui aura manqué que les Jeux Olympiques de Rio, éliminée par la Suède dans une poule à quatre composée des quatre huitième de finaliste européens du Mondial 2015 : Norvège, Suède, Suisse, Pays-Bas.

Un des maux français, c’est de ne jamais prendre en considération les performances des autres et donc, souvent, en conséquence, de souffrir des résultats. Et à l’inverse, quand les faits donnent à imposer la France, notamment au yeux des adversaires qui eux la prenne en considération, c’est l’inverse qui se produit et les français refusent ce costume de leadeur, soit avant, soit pendant la compétition.

La France, peuple romantique, a une attente d’émotions fortes. C’est sa différence avec les nations pragmatiques.

Ada Hegerberg en 2016, puisqu’elle évolue en France sous le maillot de l’Olympique Lyonnais, serait-elle la seule à pouvoir postuler au titre de meilleure joueuse de cette année ?

Pour ma part, je pense qu’elle a une égale : c’est Christine Sinclair.

Christine Sinclair est la capitaine du Canada. Elle évolue à Portland, le club de football qui est le corollaire de l’Olympique Lyonnais aux Etats-Unis et où Amandine Henry (France, ballon d’argent du Mondial 2015) a signé un contrat jusqu’en fin 2017.

C’est actuellement la meilleure buteuse mondiale en activité avec 165 buts en 250 matches internationaux. Elle a dépassé la légendaire Mia Hamm (158 buts) et se rapproche d’Abby Wambach (USA), jeune retraitée (2015) qui détient le record mondial, hommes et femme confondus, avec 184 buts.

A 33 ans, elle a participé à trois Jeux Olympiques (2008, 2012, 2016) et trois Coupes du Monde (2007, 2011 et 2015) et comme la jeune norvégienne, elle est un des socles puissants de la force de son équipe nationale comme de club.

Comme Ada Hegerberg (championne de France), elle a gagné le Bouclier de la NWSL décerné au champion de la saison régulière, remporté avec les Thorns de Portland. Comme elle, elle doit évoluer dans une équipe où la concurrence est forte pour arriver à s’imposer. Si son nombre de buts est inférieur pour la même saison (7 buts en 12 rencontres), c’est aussi que l’homogénéité du championnat américain est important quand on qualifie celui du championnat français d’hétérogène, voire de très hétérogène, ce qui facilite les scores lourds et les buts lyonnais.

A ce stade, Ada Hegerberg devrait s’imposer. Ce qui permet de justifier de la présence de Christine Sinclair, cela a été sa présence et son impact dans l’équipe canadienne pendant les Jeux Olympiques de Rio.

Si le Canada (10è Fifa) a pu renouveler son bail avec une médaille de bronze, la timide et réservée joueuse canadienne a explosé dès le premier match face à l’Australie (5è FIfa à ce moment) en captant le premier ballon pour le glisser à Janine Beckie (1′) qui marqua là, le but le plus rapide de la compétition et pour marquer, le second qui envoya le Canada (10è) sur la planète Mars du rêve Olympique.

Les deux mêmes joueuses renouvelaient contre le Zimbabwe (3-1) et participait à la vie du groupe en laissant son brassard de capitaine à Mélissa Tancredi (doublé) face à l’Allemagne (2è mondial) ; John Herdmann se permettant même de mettre Buchanan (future lyonnaise) sur le banc lors du même match, face à un tel adversaire.

Revenue contre la France (1-0) en quart, elle perd contre l’Allemagne en demi-finale (0-2) et marque le second but canadien qui donnera la médaille de bronze au Canaks (2-1).

Sans elle, jamais le Canada ne serait monté sur le podium olympique pour maintenant se trouver 4è Fifa. Elle a su être performante individuellement, intervenir collectivement dans le groupe et lui  apportant, à sa manière, une autre forme de performance, prendre une médaille olympique, la renouveler, et gagner ce qui devrait être la meilleure compétition mondiale : le championnat américain.

Si on rajoute son passé, et que l’on prend connaissance des difficultés rencontrées par ses parents sur wikipedia ; de sa proximité avec Portland et de son attachement ; alors, à son âge (33 ans), avec son expérience (deuxième meilleure buteuse mondiale en activité), à ce poste, je pense qu’elle a été la meilleure joueuse du monde 2016, sachant associer de la meilleure manière en 2016, performance individuelle, collective, esprit de groupe et environnement.

Ada Hegerberg, avec des JO aurait remporté sans contexte, ce titre mérité pour la jeune norvégienne qui maintenant, doit travailler pour rester à ce niveau, ce qui est une sacré difficulté et un très beau challenge et objectif de compétitrice.

William Commegrain lesfeminines.fr

Pia Sundhage, coach de l'équipe de Suède. La tête dans les étoiles. Crédit FIFA. Lesfeminines.fr
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Grace Geyoro représente bien l'avenir de la France. Crédit Giani Pablo. Lesfeminines.fr
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william commegrain

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Spécialisé dans le football féminin de l'élite.