En dehors du fait que Canal + ait pris en charge la diffusion contractuelle de tous les matches du championnat de D1F en insérant des avant-matches et après journées au sein de ces différentes éditions. Effort conséquent de présence et médiatisation, le championnat a livré ses premières surprises en ce début de saison.

La première surprise de ce début de championnat ?

Amel Majri, et ses six buts toutes compétitions confondues ! Replacée milieu excentrée, la quintuple championne d’Europe  a planté en un mois six buts dont quatre en championnat et deux en Women’s Champions League, quand l’an dernier son score avait été de trois pour toute la saison. Le placement plus haut de Reynald Pedros a porté immédiatement ses fruits.

La jeune Bleue de 23 ans, aux cinq coupes d’Europe, sept Coupes de France et huit titres nationaux, qui avait manqué à Olivier Echouafni lors de l’Euro 2017, déjà fortes de quarante sélections acquises en quatre ans, seconde buteuse du championnat après ses cinq journées passées, pourrait monter sa performance autour de la vingtaine avec son placement en second rideau qui lui ouvre les cages, forte de son excellente technique et de la puissance lyonnaise quand sa meilleure saison a été de huit réalisations.

Buteuse à l’OL mais moins en Bleue. A l’inverse, du côté des Bleues où Corinne Diacre joue dans un autre équilibre de jeu. Cette dernière a confirmé, lors de sa récente conférence de presse, qu’elle l’utilisera comme latérale gauche dans le jeu des Bleues. Bouchant de fait l’horizon d’une Selma Bacha (17 ans), puisque son poste est doublé par Sakina Karchaoui (Montpellier).

L’arbitrage masculin, la nouveauté sur le terrain. 

Désaffection ? Problèmes de disponibilités ? Problèmes de qualifications ? Médiatisation en direct de tous les matches ? Les raisons imaginables sont nombreuses. Il reste que la donne a changé, on voit beaucoup d’arbitrage masculin en D1F quand auparavant, il n’en existait quasiment aucun.

Depuis une dizaine d’années, il était hors de questions de trouver « du poil aux pattes » au niveau de l’arbitrage. Pour tous les matches, on trouvait un quatuor féminin et une vingtaine d’arbitres féminines, de centre comme de ligne, sillonnaient la France des douze clubs de la D1F.

Une idée légitime de la fédération française de football qui essayait d’ouvrir à tout va, passant des portes ou par les fenêtres, à la pratique féminine. Est-ce les contraintes des déplacements ? Les erreurs inévitables que l’arbitrage moissonnent sur une saison ? Toujours est-il que sous les caméras de Canal+, on trouve non pas des compléments, mais une majorité d’hommes.

Interrogé rapidement sur le bord d’une table de café, Pascal Garibian, directeur technique de l’arbitrage, évoquait plutôt un « coup de mains ponctuel ». Une réponse que l’on peut qualifier de diplomatique. On peut penser que le nouveau spectacle orchestré par Canal, avec plusieurs angles de caméras, n’auraient pas pu supporter les erreurs d’interprétation connues auparavant.

Si les lignes ont été confiées aux hommes, l’arbitrage central est resté féminin.

  • Les chiffres : sur 29 matches seulement six ont été confiés aux hommes pour 23 attribués aux arbitres féminines.
  • A l’inverse, pour décider du fameux hors jeu, on aura vu seulement 9 arbitres de ligne féminines pour ……. 49 arbitrages masculins (deux par matches).

Qui dit arbitre, dit sanction ! Ca voit rouge en D1F !

68 cartons jaunes pour les 5 premières journées de D1F en 2018. 63 pour ce début de saison. Quasiment le même chiffre si on inclut un « FC Metz – Bordeaux » reporté de la première journée à ce Samedi à venir.

Qui a dit que les femmes ne jouaient pas durs ?

Une variation de 10 à 17 cartons par journée pour six matches de joués, soit de 2 à 3 cartons par matches ! Stéréotypes et préjugés à ranger de côté. Et quelques records …

Lors de Bordeaux – Fleury (4e J, 1-1), sept cartons jaunes dont quatre pour Bordeaux sous la houlette d’Hélène Burban. Rebelote lors de la journée suivante entre le PSG et Losc (1-1, 5e J) avec six cartons dont la bagatelle de cinq pour le Losc ! Aux manettes, une autre arbitre féminine, Florence Guillemin.

Quand les filles défendent le score, elles le défendent. La fin de saison de l’an dernier a laissé des souvenirs et personne ne vaut laisser de points en début de saison.

La différence se situe sur le nombre de cartons rouges.

Un seul l’an dernier au même nombre de journées, pour deux cartons jaunes reçus par celle qui vient d’être appelée en EDF Maeva Clemaron (5e J, Fleury) face au Losc à domicile (1-2).

Déjà quatre cette saison pour Marine Dafeur (deux cartons), et surtout trois rouges directs données à Camille Catala et Emelyne Guignoux comme dernières defenseurs qui empêchent une action de but et un, pour contestation et plus à l’encontre de Laurie Cance qui lui a valu … la bagatelle de sept matches de suspension !

Une sanction excessive dans un championnat qui compte 22 journées, d’autant que son passé n’est que de trois avertissements en 2018 sans rouge.

En attendant, cela voit de plus en plus rouge sur les terrains de la D1F.

Au chapitre des équipes, sans surprise, l’OL figure en tête (1 carton) suivi de manière surprenante par le FC Metz, pourtant dernier (3). Dijon est proche (3) mais avec un rouge en plus qui fait le bonheur de Mylène Chavas, en quête de temps de jeu dans les cages bourguignonnes. Guingamp (4) se trouve dans le milieu de tableau. Le Paris FC et Rodez (5) précèdent un gruppetto de trois clubs à six cartons (PSG, Bordeaux et Fleury) quand Montpellier, Soyaux et le Losc sont les plus avertis avec 8 unités.

La grande surprise est là. Bordeaux et Fleury devant, Paris Fc et Montpellier à la traîne. 

Tout le monde pouvait penser que Bordeaux allait faire une bonne saison. Personne ne pouvait les attendre à cette troisième place, à un coup de fusil du PSG. Le Directeur sportif des Girondins, Ulrich Ramé, a précisé son objectif lors de la journée de présentation de la D1F au siège de Canal. Une place pérenne et durable dans les six premières équipes du championnat.

Là, elles sont mieux placées et Erin Nayler parle de défendre cette troisième place. Une bonne tactique pour regarder plus haut en fin de saison ? Dans les As de Bordeaux, outre un recrutement offensif de qualité (Lavogez et Asseyi), se trouve le palmarès de l’an dernier avec la nomination de Jérôme Dauba comme meilleur coach de la D1F et le fait que Bordeaux a souvent mis en difficulté l’Olympique Lyonnais avec des scores faibles (2-0) , inférieurs au tarif habituel des lyonnaises.

Fleury 91 est encore plus inattendu. Sa performance est même de meilleure qualité avec une victoire sur Montpellier et un bon match nul face au Paris FC, lorsque Bordeaux n’a pas encore rencontré les gros. Faut-il encore que ces deux équipes soient bien au niveau que l’Histoire leur confère ? Soit le Top Four (quatre premières places) du championnat.

Montpellier au parcours incroyable de trois défaites, un nul et une victoire sans avoir rencontré les gros du championnat. Paris FC après un bon démarrage qui se trouve dans une dynamique interrogative avec un changement de coach en cours de saison qui n’était pas intervenu avant 2013 en D1F. Une rareté.

Le classement de la D1F est sans contexte une surprise de ce début de saison.

William Commegrain lesfeminines.fr

Classement Equipes Played Gagné Perdu Nuls Differential Différence de buts Points Forme actuelle
1 Olympique Lyonnais 13 12 0 1 55 - 3 52 37 WDWWW
2 Paris Saint Germain 13 11 0 2 32 - 6 26 35 WDWWW
3 Montpellier Hsc 13 6 4 3 32 - 13 19 21 WWWWD
4 Paris FC 13 5 5 3 24 - 20 4 18 LDWLL
5 Bordeaux 13 5 5 3 14 - 17 -3 18 LWLWD
6 FC Fleury 91 13 4 4 5 14 - 18 -4 17 LWLLW
7 Guingamp 13 4 5 4 14 - 22 -8 16 WDLLD
8 Dijon FCO féminin 13 4 6 3 19 - 23 -4 15 LLLWD
9 ASJ Soyaux Charente 13 3 6 4 9 - 28 -19 13 DDWLL
10 Losc Lille 13 2 6 5 9 - 25 -16 11 DLLWL
11 FC Metz 13 3 9 1 11 - 37 -26 10 WDWLL
12 Rodez 13 1 10 2 9 - 30 -21 5 LLLLW