Peuple de Bretagne, Haïti, dit -la Perle des Antilles-, partageant son île avec la République Dominicaine -en dehors des Bleuettes- ne peut être que l’équipe à supporter pour cette Coupe du Monde U20 !

Jean Bart, un cousin de Saint Malo !

D’abord, des haïtiens au même tempérament puisqu’elle fut la première République noire indépendante au monde comme les bretons aiment à dire qu’ils sont nés d’abord ou aussi de Bretagne. Sans oublier la ville de Saint Malo, qui devint, elle aussi, la première république indépendante de Bretagne en se proclamant République de Saint Malo de 1590 à 1594.

Un président de fédération haïtienne Yves Jean Bart, qui porte le nom célèbre du Corsaire Jean Bart (1650-1702) qui s’évada des anglais en traversant la Manche … à la rame pour atteindre Saint Malo, port de Bretagne. Siège du groupe D, celui que le sort a donné à Haïti. Comme un symbole, aux portes du souvenir.

Enfin, tous deux fervents catholiques qui savent écouter avec respect les histoires des Cultes, druides dans la forêt de Brocéliande d’un côté, vaudous qui invoquent les loas, esprits des ancêtres et de la Terre, appelés pour renforcer les chances des victoires.

En effet, le peuple de Bretagne et celui d’Haïti est proche. La culture de l’effort, du travail, habitué « à se retrousser les manches » quand la nature demande son écot.

Un voyage qu’elles ne referont pas !

Peuple de Bretagne. Supporte les jeunes joueuses d’Haïti qui viennent à ta rencontre pour un voyage extraordinaire qu’elles n’auront jamais plus la possibilité de refaire.

Trop cher, bien trop cher quand tu dois comparer la valeur de la « gourde haïtienne » face à un euro. Un peu plus d’un centime d’euro (0,013 €) pour une gourde haïtienne. C’est un voyage, au prix de Port au Prince, dont il faut multiplier le coût par 100 ! Autrement dit, les 350.000 $ de budget sont une charge pour Haïti supérieure à 23 millions de gourdes haïtienne.

Impossible à renouveler pour une économie dont la moitié est réalisée par la diaspora étrangère (haïtiens de l’étranger), qui ont d’ailleurs fait une opération de crowdfunding pour apporter à l’équipe U20 féminine, 23.000 $ récoltés à se partager à part égale entre les joueuses !

Un effectif fait de petites joueuses explosives.

Peuple de Bretagne supporte l’équipe d’Haïti qui croit « dur comme fer » à ses chances, malgré ses cinq joueuses de moins de 15 ans formant les 21 des Grenadières.  Quinze à moins d’1m60 quand la moyenne de la compétition est à 1m65. Vingt joueuses dont il serait comique de parler de « double projet » alors que l’idée d’un emploi est un cadeau royal.

Pourtant, elles jouent. Elles gagnent. Qui plus qu’elles savent que le confort peut être source d’inconfort face à elles qui n’ont rien mais jouent pour mériter tout.

« Le National », un des cinq journal haïtien, écrivant avec talent sous la plume de Jessica Jean « aussi magique qu’elle soit sur le plan offensif, cette équipe possède un équilibre remarquable pouvant l’empêcher de craindre n’importe quel adversaire ! ». Sentiment partagé par sa capitaine, Nérilia Mondésir, appelée NériGol, première haïtienne à devenir professionnelle sous les couleurs de Montpellier, partie à 18 ans traverser l’Atlantique avec pour seuls bagages deux Soulier d’or Concacaf féminin U15 en 2014 et U17 en 2015.

Peuple de Bretagne, ces Grenadières ont ton caractère !

Peuple de Bretagne supporte l’équipe d’Haïti qui sait ne pas confondre rêve et caractère. Caractère que toutes ses jeunes filles ne peuvent qu’avoir montré pour avoir vécu le traumatisme du séïsme dramatique que nous avons oublié mais qu’elles ne peuvent qu’avoir en mémoire. La Mère Nature, au lendemain du réveillon de 2009, jetant un voile noir sur 300.000 personnes, en blessant 300.000 autres, un soir du 2 Janvier, le lendemain de la fête de l’Indépendance. Donnant un air de main du Diable à la capitale Port au Prince.

Port au Prince, deux ans après le séïsme du 2 Janvier 2010.

Peuple de Bretagne supporte Haïti et son courage. Retire huit ans à toutes ses joueuses et dis-toi qu’elles ont dû avoir entre 6 et 12 ans quand leurs yeux ont du s’habituer à cette vérité. Il en faut du courage et de la force pour jouer au football, trouver un terrain, une balle et assez de filles pour s’opposer.

Alors, peuple de Bretagne, toi si fier et courageux. Reconnais la performance des Haïtiennes, jouant comme des Grenadières dont elles portent si bien le surnom, pour aller bouter de cette compétition les canadiennes (1-0), 5è mondial en A quand Haïti pointe … à la 67e place. Venue en France avec les réputés USA et Mexique pour représenter la Concacaf.

Haïti, seulement la 3è participation à tous les mondiaux de l’Histoire !

Adhère à cet objectif qu’elles ont. Faire l’exploit d’aller au second tour du Mondial U20. Imagine le retentissement dans cette partie de l’Île quand le football international se regarde sur un écran aux couleurs des autres nations !

Faire mieux que les hommes en 74, opposés à l’Argentine, l’Italie et la Pologne (3D, 2p, 14c), faire mieux que les U17 masculins en 2007 dans le groupe du Nigéria, Japon et de la France (2D, 1N, 3p, 8c) pour remporter enfin une première victoire historique soit contre la Chine (6 Août, 16h30 à Saint Malo), le Nigéria (9 Août, 16h30 à Saint Malo) ou l’Allemagne (13 Août, 16h30) à Vannes.

15 joueuses sur 21 à moins d’1m60 quand la moyenne est à 1,65. Cinq joueuses de moins de 15 ans. Une génération bousculée par la Nature qui ne peut avoir que du tempérament et du courage. Une génération qui a prouvé sa force en éliminant le Canada. Une génération qui n’a qu’une volonté, tout donner.

NeriGol le dit, au lendemain de sa qualification historique pour le Mondial : « Nous nous battrons. Nous sommes une petite équipe et nous savons qu’être championnes du monde sera difficile pour nous. Mais nous donner à fond sur le terrain n’est pas compliqué pour Nous .. et nous le ferons. Nous n’avons juste peur de personne … »

Un peuple au caractère breton qui parle juste autrement : en créole. Alors druides bretons, esprits vaudous, donnez leur la force de vivre un Mondial exceptionnel et d’écrire leur Histoire.

Peuple de Bretagne, malouins, malouines, vannetais. Allez les supporter ! Donnez leur un coup de mains pour que ce voyage leur soit extraordinaire. Digne d’un roman de Jules Verne.

William Commegrain lesfeminines.fr

06-08-2018 16:30
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