Vendredi 1er mai, à 17h15 et pour 3 saisons de suite, se jouera à Cologne, la finale de la Coupe d’Allemagne Dfb entre Vfl Wolksburg et le Turbine Potsdam. Vainqueur en 2013, les louves chercheront à donner du crédit à leur opinion mitigée de leur élimination parisienne quand Postdam, club exclusivement féminin, viendra chercher le trophée qui lui fera du bien, dans un championnat allemand où les titres sont difficiles à obtenir.

Vfl Wolfsburg explique la qualification parisienne par sa défaillance à l’aller.

La politique de l’autruche ?

L’élimination en demi-finale européenne par le Paris Saint Germain a laissé des traces d’amertumes du côté des Louves de Wolfsburg qui, de concert, ont le sentiment d’avoir assez nettement dominé le match retour à Charlety (1-2) pour penser que l’élimination s’est jouée au match aller, avec une défaite (0-2).

Martina Müller, la joueuse la plus expérimentée s’exprimait ainsi sur le site officiel du club : « On a finalement réalisé que Paris était KO » et Alexandra Popp précisait de concert : « Il était important de montrer aujourd’hui que nous sommes la meilleure équipe et en fait, je crois que c’est ce que l’on a vu aussi aujourd’hui ». Ralf Kellermann et ses joueuses ont été unanimes: « La qualification a été joué dans la première manche. Dimanche à Stade Charléty, le moral des féminines de Wolfsburg a été excellent ».

Paris meilleur que Wolfsburg sur les deux matches. 

Mon opinion est bien différente et la première mi-temps fût tactiquement totalement parisienne avec une gestion des impacts allemands, balles aux pieds, excellemment lus par le collectif parisien de telle manière que Kiedrzynek Katarzyna n’a rien eu à faire, hormis une tentative chaude à la 5′ d’Ogimi.

La seconde mi-temps a été de bien meilleure qualité pour Wolfsburg et c’est le moins que l’on pouvait attendre d’une équipe, qui à cet instant était menée 3-1 sur l’ensemble des deux matchs, avec deux buts à l’extérieur contre elle.

Les vingt dernières minutes ont été excellentes de la part de Wolfsburg et elles auraient pu faire la différence, en se qualifiant avec un but supplémentaire, ce qu’elle n’ont pas fait face à l’opposition parisienne, symbolisée par ce qui est essentiel pour une équipe quand elle joue sa qualification sur un but adverse : une gardienne sûre, calme et posée, dans les balles aériennes et les sorties, déterminante dans les arrêts réflexes.

Paris a été meilleur que Wolfsburg sur les deux matches. Sur le premier, très nettement. Sur le second, avec un partage des points. Si Wolfsburg a pris le jeu a son compte dans les 20 dernières minutes, c’est tout à fait normalement et Paris peut juste s’en vouloir d’avoir mal terminé ses contres comme Wolfsburg peut s’en vouloir de n’avoir pas pu battre la gardienne parisienne.

Vfl Wolfsburg joue cette finale pour confirmer son niveau de 1er allemand et donc premier européen.

L’enjeu n’est pas neutre. Il est loin d’être neutre. En football féminin, les sacres ne sont pas très longs sur le plan européen et si Wolfsburg ne remporte pas ce titre, les appétits allemands vont s’aiguiser pour la saison prochaine mais surtout pour le match phare de la dernière journée qui devrait donner les trois premières places du championnat allemand entre Wolfsburg, le Bayern de Munich et Frankfurt.

Une défaite des Louves en Finale de la Coupe d’Allemagne et alors le 9 Mai sera terrible avec un match Frankfurt – Wolfsburg qui vaudra une désillusion pour l’un des trois (la place de 3ème non qualificative pour l’Europe).

Une victoire des Louves et alors le moral des joueuses du Nord de l’Allemagne  aura des certitudes et quand le moral allemand a des certitudes, il est difficile à battre.

L’adversaire est Turbine Potsdam. 

Les habitués du football féminin connaisse ce club qui a éliminé l’Olympique Lyonnais en 2013 de la Coupe d’Europe (saison 2013-2014) et qui a été au plus haut niveau européen en gagnant la Champions League en 2010.

Ralf Kellermann met en garde : « les deux équipes se valent, nous sommes très confiants et nous espérons que nous pouvons répéter le succès de 2013 ». Il n’a pas tort car si Wolfsburg a gagné 2-1 face à Potsdam en championnat, les Louves se sont inclinées 2-0 à Potsdam, soit un goal average particulier favorable à Potsdam.

Bien que 9 points séparent les deux équipes, Potsdam a donc des faits à faire valoir.

Volkswagen a « du vent » dans sa direction. 

Quand le Président historique (Ferdinand Piëch) d’un groupe de 200 milliards de  CA et 20 milliards de profits, employant 600.000 personnes, propriétaire de douze marques prestigieuses et d’une identité « qualité allemande » connue et reconnue dans le monde entier démissionne (25 avril 2015) de son poste de Président du Conseil de Surveillance (actionnaire et véritable décideur, possède avec la famille Porsche la majorité des droits de vote), c’est loin d’être rien et c’est de la même dimension que la démission inattendue d’un Président de la République qui perd son combat face à son Premier Ministre.

Quand ce groupe a son siège social à Wolfsburg, qu’il est le financier du même club, alors il est difficile de dire que cela n’aura pas des incidences indirectes d’autant plus légitimes que si l’organisation est faite pour fonctionner de manière autonome, les interrogations humaines sont là et les décisions stratégiques, quand elles sont soumise à l’interrogation, sont toujours suivies d’effets indirects néfastes.

Et on dit quelquefois : « petites causes, grands effets ».

Cologne, recevra pendant 3 saisons la finale de la Coupe d’Allemagne.

La fédération allemande a fait un choix original de laisser, pendant trois saisons, la finale de la Coupe à la même ville et au même stade. 16.000 billets ont été vendus, pour un stade de 46.000 places. C’est donc dans un stade à moitié vide que la finale se jouera pour la première saison, en espérant qu’il devienne plein à la dernière saison.

Pour équilibrer cet inconvénient, le fait de jouer au même endroit permet de maitriser tous les process d’une finale, notamment la communication et de mesurer, dans un même lieu, les résultats de l’ancrage du football féminin sur une durée qui reste assez courte pour pouvoir changer et assez longue pour pouvoir en mesurer les résultats.

Bilan

Wolfsburg joue gros. C’est le principe des grandes équipes. Le championnat allemand est construit aussi pour cela. Il est interessant de voir ce que feront deux organisations différentes dans le court terme : d’un côté le groupe Volkswagen qui joue une partie silencieuse mais d’une force incroyable et de l’autre côté, Wolfsburg qui joue une partie starisée pour un résultat à court terme qui sera demain, remplacé par un autre résultat à court terme mais avec une image qui restera longtemps dans chacune de nos mémoires.

Wolfburg joue : « Pour ? Ou Contre le changement ? 

William Commegrain lesfeminines.fr

PS : Wolfsburg masculin fait sa meilleure performance actuelle en étant 2ème du championnat d’Allemagne derrière le Bayern de Munich et jouera aussi la finale de la Coupe d’Allemagne face à Dortmund. Que fera le football féminin de Wolfsburg ? Deuxième réponse, Vendredi à 17h30, Cologne, face à Postdam.